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SANTÉ MENTALE

 Un facteur incontournable du plein épanouissement

La santé mentale est une composante indispensable de la santé d’une personne. Ainsi, être en bonne santé implique à la fois une bonne santé physique et une bonne santé mentale. La santé mentale positive englobe l’épanouissement personnel, le bien-être, les ressources psychologiques et les capacités d’agir de l’individu dans ses différents rôles sociaux.

« La santé ne vient pas toujours de la médecine.La plupart du temps, elle vient grâce à la paix de l’esprit, à la paix du cœur, à la paix de l’âme. Elle vient des rires et de l’amour. Alors, soyez vos propres médecins d’abord » ! C’est ce que conseillait, il y a peu, une consœur, Magassouba Awa Sylla. Elle a ainsi tapé dans le mille par rapport à un état de fait le plus souvent très négligé, mais qui est pourtant aujourd’hui un problème grave de santé publique : la santé mentale !

« Le suicide prend par exemple de plus en plus de l’ampleur chez nous sans que ça ne nous alerte. Et cela parce que l’avènement des réseaux sociaux ont contribué à la détérioration de la santé mentale exacerbée par les autres masses médias qui contribuent à l’isolement de l’homme », déplore un spécialiste de la santé mentale. En effet, sous nos cieux, elle était jusque-là négligée. Et pourtant, dans un pays comme la France, elle a été désignée « Grande Cause nationale » en 2025. Elle succède ainsi à l’activité physique et sportive impulsée par les Jeux olympiques et paralympiques, « Paris 2024 ».

Ce choix répondait sans doute à un enjeu majeur de santé publique. Faire de la santé mentale la Grande Cause nationale 2025, c’est lutter contre le manque d’information et la stigmatisation des troubles mentaux. Cela est d’autant plus important que le retard de diagnostic constitue un obstacle à l’accès aux soins. Par ailleurs, il contribue au manque d’inclusion sociale des personnes vivant avec des troubles mentaux. 

Il découle aussi d’une vision d’anticipation dans l’information, la sensibilisation et le plaidoyer pour qui sait qu’un « Français sur quatre sera confronté à un trouble mental au cours de sa vie ». Il n’est donc pas précoce de vouloir lever dès maintenant les tabous ; d’améliorer l’accès aux soins, à l’information et de renforcer la prévention. Ce qui, heureusement, est au cœur des actions portées par l’État et ses partenaires.

Il est important de savoir que la santé mentale est « un état de bien-être qui permet de réaliser son potentiel, de gérer le stress, de travailler efficacement et de contribuer à sa communauté ». Elle ne se résume pas à l’absence de trouble mental, mais elle est influencée par de nombreux facteurs individuels, sociaux, environnementaux et liés au mode de vie. Il est ainsi possible d’agir pour la préserver. Et de l’aide est disponible en cas de besoin.

« La santé mentale correspond à un état de bien-être mental qui nous permet de faire face aux sources de stress de la vie, de réaliser notre potentiel, de bien apprendre et de bien travailler et de contribuer à la vie de la communauté. Elle a une valeur en soi et, en tant que facteur favorable, fait partie intégrante de notre bien-être », définit l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La santé mentale fluctue en permanence et est influencée par de nombreux facteurs tels que les conditions de vie, le travail, les relations sociales, les facteurs culturels, économiques et environnementaux. Ces facteurs d’influence sont nombreux. Il y a par exemple les facteurs individuels comme le sommeil, l’activité physique, l’alimentation, la gestion du stress…

Les facteurs sociaux et environnementaux ne sont pas non plus négligeables. La qualité des relations interpersonnelles, le contexte familial, le travail, le milieu scolaire et la communauté en général. Naturellement qu’il est très important de bien prendre soin de sa santé mentale en adoptant de bonnes habitudes de vie. Les spécialistes conseillent de pratiquer une activité physique régulière, d’avoir une alimentation équilibrée, de dormir suffisamment. La gestion du stress est aussi très importante dans la préservation de la santé mentale. Cela peut se faire en combinant l’exercice physique avec des techniques de relaxation comme la méditation. Tout comme il est important d’apprendre à s’accepter et de prendre conscience des normes qui nous sont imposées pour s’en libérer, d’échanger avec les autres et de se rappeler que l’on n’est jamais seul.

Moussa Bolly

SANTÉ MENTALE AU MALI

L’urgence de garantir un droit fondamental aux malades

Le problème de santé mentale est une réalité au Mali. Les spécialistes indiquent que les jeunes sont plus concernés par les troubles mentaux. Alors que ces derniers peuvent être des dangers publics, alertent-ils. À l’origine des maladies mentales : les difficultés de la vie, la consommation des stupéfiants entre autres. Pour la prise en charge de ces cas, il existe des unités psychiatriques à Bamako et dans certaines localités à l’intérieur du pays. Mais, beaucoup de ces services souffrent d’insuffisance de « moyens humains et matériels ».

« Accès aux services : la santé mentale dans les catastrophes et les situations d’urgence » ! Tel fut le thème de l’édition 2025 de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée le vendredi 10 octobre. Comme il est de coutume, cette journée a été l’occasion de susciter un débat et une réflexion collective, de sensibilisation et de renouvellement de l’engagement en faveur du bien-être psychique des populations dans un monde de plus en plus exposé aux crises. La détérioration de santé mentale est une réalité indéniable au Mali. Les spécialistes indiquent que les jeunes sont plus concernés par les troubles mentaux et deviennent facilement des « dangers publics ». À l’origine des maladies mentales, ils égrènent les difficultés de la vie, la consommation des stupéfiants…

Le Professeur Souleymane Papa Coulibaly (chef du service de psychiatrie du CHU Point G) a notamment insisté sur le lien entre santé mentale, paix et résilience. Et cela en se référant à un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui révèle qu’une personne sur quatre dans le monde souffre d’un trouble mental, soit 14 % de la population mondiale. Ces statistiques mettent en évidence l’urgence de faire de la prise en charge de la santé mentale une priorité urgente, particulièrement dans ce contexte de crise multidimensionnelle aux conséquences socioéconomiques dramatiques. « Investir dans la santé mentale, c’est investir dans la paix », a défendu Pr. Souleymane Papa Coulibaly. On comprend alors aisément que nos partenaires tels que l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), l’International medical corps (IMC)… accordent la priorité absolue à la santé mentale au cœur de leurs actions.

Cela doit aussi pousser le gouvernement (ministère de la Santé et du Développement social) à faire de l’accès aux soins de santé mentale un droit fondamental, universel et inaliénable. Mais, de l’avis de certains experts, le Mali doit aussi se donner les moyens de faire face aux nombreux défis auxquels il est confronté, notamment la centralisation des soins spécialisés, la stigmatisation persistante, le manque de ressources humaines qualifiées, la faiblesse des dispositifs communautaires…

Des défis majeurs dans un environnement de crise

D’une manière générale, ont constaté des spécialistes, la santé mentale est confrontée au Mali à des défis majeurs comme le manque d’infrastructures et de ressources, exacerbés par la crise sécuritaire. Sans compter que la stigmatisation des troubles mentaux est également un problème important. Pour ce qui est du manque d’infrastructures et de personnels, le constat est que la majorité des praticiens et des centres de soins sont concentrés à Bamako, laissant de nombreuses régions mal desservies.

Cela est un sérieux handicap dans la mesure où la crise multidimensionnelle à laquelle le pays fait face a augmenté les besoins en santé mentale et a rendu l’accès aux services plus difficile à cause des menaces sécuritaires. Les déplacements internes dus aux conflits affectent de nombreuses personnes qui font face à des défis psychologiques importants, liés à la fois aux expériences traumatisantes vécues et à l’incertitude de leur situation. Dans le pays, près d’une personne sur cinq (vivant en situation de conflit) présente des troubles mentaux, allant de l’anxiété au stress post-traumatique. La situation est aggravée par un faible investissement dans les services de santé mentale, souvent inaccessibles aux communautés éloignées ou déplacées, et par des ressources limitées et des croyances culturelles qui peuvent parfois accentuer la stigmatisation.

Par rapport à cela (stigmatisation), les personnes atteintes de troubles mentaux continuent de subir une forte marginalisation et une stigmatisation sociale. L’argent étant le nerf de la guerre, tous ces défis prennent une dimension dramatique à cause du manque de financement et de ressources pour une prise en charge adéquate. Face à cette situation, le gouvernement aurait néanmoins décidé d’intégrer la santé mentale et le soutien psychosocial dans les politiques publiques, notamment dans les contextes d’urgence humanitaire et sécuritaire. En réponse, on a aussi des initiatives locales et internationales visant à renforcer les soins, à appuyer les groupes de soutien et la sensibilisation. Des organisations comme le CICR et Handicap International (HI) fournissent ainsi un soutien psychologique aux populations touchées par les conflits et les traumatismes.

Des activités récréatives comme le football et des espaces d’écoute sont utilisés pour identifier et soutenir les enfants et les adultes en détresse. Tout comme des programmes de formation sont mis en place pour les professionnels de la santé afin de les outiller à l’évaluation et à l’intervention en santé mentale, en privilégiant les interventions de groupe. On note aussi des partenariats entre des organisations comme l’OMS et le ministère de la Santé et du Développement social. Cela est essentiel pour développer des politiques et des programmes de santé mentale plus robustes. 

En termes de perspectives, les experts interrogés pensent que la priorité pour le Mali doit être l’élaboration d’une stratégie nationale de santé mentale. Il pourra ainsi faire face après à l’intégration des soins avec l’objectif de « passer d’une approche purement clinique à une prise en charge plus globale de la santé mentale et du soutien psychosocial ». Les acteurs ont aussi lancé des appels pour que les autorités et les bailleurs de fonds accordent une plus grande priorité à la santé mentale et mobilisent les ressources nécessaires. Pour faire face à cette situation, le Mali organise des activités de sensibilisation et de cohésion sociale, dont celles exécutées dans le cadre des journées mondiales de la santé mentale.

Un autre obstacle à lever, c’est qu’il n’existe pas de données sur la prévalence des troubles mentaux selon PubMed Central (PMC). Selon cette organisation, les personnes hospitalisées pour trouble psychiatrique de 2014 à 2018 étaient majoritairement jeunes et de sexe masculin avec un antécédent psychiatrique. Elles souffraient principalement de schizophrénie, de troubles schizotypiques et de troubles délirants.

Pour la prise en charge de ces cas, il existe au Mali des unités psychiatriques à Bamako et à l’intérieur du pays. Mais certains de ces services souffrent d’insuffisance de « moyens humains et matériels », comme souligné plus haut. Aujourd’hui, on peut se réjouir de voir une synergie d’action (État, partenaires, société civile…) se mettre en place pour briser les tabous autour de la santé mentale et bâtir un monde dans lequel « le bien-être psychologique est reconnu comme un pilier du développement durable » !

Moussa Bolly

SANTÉ MENTALE

Circonscrire les effets néfastes des réseaux sociaux

Les jeunes font partie des publics vulnérables particulièrement touchés par les problèmes de santé mentale. Pour la préserver chez eux, ont récemment révélé plusieurs études, il convient de limiter l’utilisation des réseaux sociaux à une heure par jour, de remplacer 30 minutes de scrolling par de l’activité physique et d’arrêter complètement de consulter les plateformes pour les patients à risque de dépression.

Chez les adolescents et les jeunes, une surexposition aux écrans peut entraîner des troubles du développement et du comportement, aggravant leur vulnérabilité psychique. Mais, d’une manière générale, la santé mentale est influencée par des facteurs individuels, mais aussi sociaux, culturels, économiques, politiques et environnementaux. La qualité et les conditions de vie, le travail et les interactions sociales peuvent être des facteurs déterminants de l’état de santé mentale des personnes. 

Les populations précaires et vulnérables sont particulièrement exposées aux troubles de la santé mentale. À commencer par les personnes âgées chez qui l’isolement social peut engendrer de l’anxiété… Les familles monoparentales, et plus particulièrement les mères isolées, subissent une charge mentale et physique intense pouvant mener à l’épuisement. Tout comme les personnes rencontrant des difficultés à accéder au monde du travail peuvent souffrir d’un sentiment d’exclusion engendrant une perte de confiance en soi. Tous ces facteurs cumulés renforcent le mal-être et les risques de troubles mentaux, nécessitant un accompagnement et une prise en charge adaptée.

La détresse psychologique réactionnelle peut apparaître à la suite d’événements de vie difficiles comme un accident, un échec ou un deuil. Elle n’est pas nécessairement révélatrice d’un trouble mental. Les symptômes, le plus souvent anxieux ou dépressifs, peuvent être passagers. Cependant, si la détresse psychologique est mal repérée ou mal accompagnée, elle peut déclencher une maladie chez la personne ou multiplier ses difficultés sociales.

Les troubles psychiatriques de durée variable, plus ou moins sévères ou handicapants, relèvent d’une prise en charge médicale. L’expression « troubles mentaux », selon l’OMS, désigne un ensemble de troubles mentaux et de troubles du comportement répertoriés dans la classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes.

M.B

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